Entre septembre 2025 et aoรปt 2026, la France a vu dรฉmarrer 300 244 logements hors Mayotte. Le seuil des 300 000 mises en chantier est donc de nouveau franchi, une premiรจre depuis octobre 2023. Pour le marchรฉ du logement neuf, ce retour au-dessus dโun niveau symbolique marque un lรฉger redressement aprรจs une pรฉriode de repli prolongรฉ.
La progression reste nette sur douze mois : +10 % par rapport ร lโannรฉe prรฉcรฉdente. Mais derriรจre ce chiffre global, le dรฉtail montre un marchรฉ encore trรจs contrastรฉ. Le collectif pรจse toujours lโessentiel de lโactivitรฉ, avec 190 172 logements commencรฉs, contre 110 072 logements individuels. Autrement dit, lโamรฉlioration du volume global repose dโabord sur les opรฉrations dโimmeubles et de rรฉsidences, plus que sur les maisons individuelles prises isolรฉment.
Le logement gรฉrรฉ tire la reprise
Parmi les segments les plus dynamiques, le logement gรฉrรฉ se distingue nettement. Ce compartiment a enregistrรฉ 42 848 mises en chantier sur douze mois, soit une hausse de 25 %. Il sโagit dโun moteur important pour la production neuve, car il regroupe des programmes destinรฉs ร un usage encadrรฉ ou mutualisรฉ, souvent plus faciles ร lancer lorsque les conditions de marchรฉ se dรฉbloquent un peu.
Pour les acteurs de la construction, cette รฉvolution compte aussi parce quโelle confirme que la reprise ne vient pas seulement dโopรฉrations dispersรฉes, mais dโune part significative de projets structurรฉs. Cela concerne directement les types de programmes qui mobilisent des plans rรฉpรฉtitifs, des immeubles compacts et des implantations optimisรฉes, avec une logique de standardisation plus forte que sur la maison individuelle sur mesure.
Paris et les Hauts-de-Seine affichent la plus forte poussรฉe
La reprise est particuliรจrement visible en รle-de-France. ร Paris, les mises en chantier progressent de 96 % sur un an. Dans les Hauts-de-Seine, la hausse atteint 78 %, avec 10 000 logements commencรฉs sur la pรฉriode. Ces hausses ne signifient pas que le marchรฉ est revenu ร son niveau dโavant-crise, mais elles montrent que certains territoires relancent plus vite la production que dโautres.
Ces รฉcarts rappellent que la dynamique du neuf dรฉpend fortement des fonciers disponibles, des opรฉrations denses et de la capacitรฉ ร monter des programmes compatibles avec les contraintes locales. Dans les secteurs les plus tendus, le retour de volumes plus รฉlevรฉs passe souvent par des formes dโhabitat plus compactes, des immeubles de petite taille ou des opรฉrations mรชlant plusieurs typologies de logements.
Les autorisations progressent plus modestement que les chantiers
En parallรจle, les autorisations de construire atteignent 369 723 logements sur douze mois, en hausse de seulement 1,2 %. Le contraste entre les permis et les mises en chantier est important : les premiers avancent lentement, tandis que les seconds repartent plus franchement. Cela traduit un stock de projets qui continuent de sortir du pipeline, mais sans rebond massif des nouvelles dรฉcisions administratives.
Cette diffรฉrence est utile ร lire pour anticiper la suite du marchรฉ. Quand les autorisations montent peu mais que les chantiers accรฉlรจrent, cela signifie que les opรฉrations dรฉjร engagรฉes prennent le relais. ร court terme, la production peut donc tenir. En revanche, pour installer une reprise durable, il faut que le flux de permis sโรฉlargisse davantage sur lโensemble du territoire.
Des disparitรฉs dรฉpartementales toujours marquรฉes
Le tableau national masque de fortes diffรฉrences dโun dรฉpartement ร lโautre. Certains territoires connaissent un rebond rapide, dโautres restent nettement en retrait. Cette hรฉtรฉrogรฉnรฉitรฉ est essentielle pour les projets de construction : un mรชme type de maison, de rรฉsidence ou de petit collectif ne rencontre pas les mรชmes conditions selon la tension du foncier, la demande locale et le niveau de densitรฉ recherchรฉ.
Pour les porteurs de projet, cela confirme lโintรฉrรชt dโadapter le plan au contexte rรฉel du terrain plutรดt que de raisonner uniquement en fonction dโun modรจle thรฉorique. Sur une parcelle รฉtroite, en zone urbaine ou en pรฉriphรฉrie dโun marchรฉ tendu, la forme de la maison, son emprise au sol, le nombre dโรฉtages et lโorientation prennent autant dโimportance que la surface totale. ร lโinverse, sur un terrain plus souple, des plans de plain-pied ou des maisons รฉvolutives restent plus faciles ร intรฉgrer.
Le retour des mises en chantier au-dessus de 300 000 logements montre donc surtout une reprise inรฉgale : le collectif repart, le logement gรฉrรฉ accรฉlรจre, et plusieurs zones tendues tirent les volumes vers le haut. Mais le marchรฉ reste dรฉpendant dโautorisations encore modestement orientรฉes ร la hausse, ce qui limite pour lโinstant la visibilitรฉ sur la suite.
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